Des fanions pour créer l'union

Par Amy, 05/27/2016 - 14:02

La Fèsto dóu Pople Prouvençau se déroule cette fin mai 2016 à Vaison-la-Romaine. A cette occasion, des guirlandes de fanions sont accrochées dans les rues. Elle ne sont pas communes : il s'agit de l'emblème de la Provence, des rayures sang et or…

Cet emblème varie en fonction des régions et des communes. Ainsi, il n'est aucunement étonnant, lors d'une fête locale, de voir des guirlandes de fanions aux couleurs héraldiques, là où l'identité régionale est forte. C'est le cas ici, en Provence, avec des festivités proposées en l'honneur du « peuple provençal ». Pour l'occasion, ces fanions sont chacun composés de deux rayures verticales, l'une jaune, l'autre rouge.

Durant les fêtes nationales et manifestations locales, qu'elles soient rurales ou urbaines, nous pouvons régulièrement admirer ces guirlandes agitées par le vent. D'ailleurs, il y a un bruit nous est familier : celui de ces drapeaux de petite taille, en papier ou en tissu, dansant au rythme de la brise...

Quelle utilité attribuer à ces petits drapeaux ?

Ils ont plusieurs objectifs. Le premier est d'annoncer et indiquer la présence d'une manifestation à un moment donné. Ils accrochent le regard et sont, de par leur disposition (guirlandes colorées et suspendues), signes de fête et convivialité. C'est une information visuelle à propos d'un événement, qui signifie qu'il se passe quelque chose de particulier, là où nous les apercevons.

Le second objectif est de faire (re)connaître une culture, une identité. C'est la réappropriation d'un drapeau à visée revendicative. D'autant plus que « La Fèsto dóu Pople Prouvençau » est, de par son appellation, une aspiration à l'exclusivité régionale au sein des valeurs de la France.

Se tourner vers l'autre, l'inviter

A propos de valeurs, le troisième objectif de ces guirlandes est de renforcer le lien entre les hommes, sous un même emblème. De ce fait, allier fraternité, convivialité et jovialité définit la finalité d'un pavoisement de ce type. Par ailleurs, en étant érigées au-dessus de nos têtes, ces guirlandes à fanions symbolisent plus que tout ce qui prime : les valeurs d'une culture et d'une population définies.

Pour finir, cet usage des guirlandes à fanions n'est pas sans rappeler une pratique des Bouddhistes Tibétains. Il s'agit des « drapeaux à prières » suspendus dans des lieux isolés (sommets de montagnes) et de passages (villages). Ils sont, comme leur nom l'indique, de nature religieuse. En effet, des prières sont imprimées sur ces drapeaux, dans l'idée de les faire disperser et toucher les passants et les Dieux, et ce... grâce au vent.